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Alzheimer, Krugman, l’économie ouverte et Bruxelles
By Jean-Yves Huwart | octobre 14, 2008
Je me faisais la réflexion cet après-midi: décidément, il ne fait pas bon être « ultra-libéral » (concept vague) en cette période. Après Ronald Reagan, décédé en 2004 de la maladie d’Alzheimer, Margareth Thatcher est lentement emportée aujourd’hui par le même mal neurodégénératif. Nous savons ce que diront les mauvaises langues.
Voici deux ans, décédait Milton Friedman, grand théoricien de la révolution reaganienne, pape de l’Ecole de Chicago et prix Nobel d’économie en 1976. En 2008, c’est presque un anti-Milton Friedman qui reçoit le Nobel dans la discipline: le néo-keynésien Paul Krugman, grand expert de la mondialisation et columniste hors pair. 
C’est peu de dire que cela bascule aujourd’hui dans le monde. Ironie suprême, le Fonds monétaire international (FMI), en semi-chômage technique ces dernières années en raison du récent essor économique de l’Asie et, plus récent encore, de l’Amérique latine, a repris du service. Cette fois, pour aider les pays développés comme l’Islande, ou assister les sauvetage des banques européennes et américaines…
Ce qui ne change pas, par contre, c’est le détricotage de l’équipe BEL 20 et du tissu des grandes entreprises belges. Après la vente de nos fleurons à la France (surtout), il nous restait au moins quelques grandes banques. C’est donc terminé. Combien de temps nos deux grands groupes pharmaceutiques, Solvay et UCB, de taille moyenne à l’échelle internationale, pourront-ils demeurer seuls, isolés ? Le brasseur Inbev, après la reprise d’Anheuser-Bush, est désormais plus américain et brésilien, que belge.
Dans le contexte actuel de réflexion sur l’avenir de la Belgique, il serait bon d’intégrer ces nouveaux éléments, qui ne sont parfois que la confirmation d’une tendance à l’oeuvre depuis plusieurs années. Nous n’avons plus d’acteurs de poids. Mais nous avons une fourmilière de PME. Nous sommes l’une des économies les plus ouvertes du monde (les exportations représentent 87% du PIB).
Nous devons sans doute le devenir encore plus demain. En misant (faut-il encore le dire) sur Bruxelles.Dans l’économie moderne, small is not beautiful. Comme dirait Seth Godin: Small is the new big! Mais il est temps pour une nouvelle stratégie. Soyons confiants. Si, si !
Topics: Non classé | 7 Comments »

octobre 14th, 2008 at 21:44
Entièrement d’accord sur le point « misons sur Bruxelles ». Et en particulier en jouant sur l’offre: améliorer la formation des jeunes (et moins jeunes) que ce soit en termes linguistiques que scientifiques. Il faut aussi une meilleure adéquation entre les politiques de l’emploi et de l’enseignement. A fusionner selon moi.
octobre 15th, 2008 at 9:18
La question que je me pose est: en sauvant les banques, ne sommes-nous pas passer à côté d’une opportunité unique pour une révolution et les changements tant espérés dans ce pays?
Sans doute que des vies ont été sauvées ici… d’où ce terrible dilleme…
octobre 17th, 2008 at 10:47
« Nous n’avons plus d’acteurs de poids. Mais nous avons une fourmilière de PME. »
Ouais c’est chouette. Et qui va les financer? Ah, flûte…
octobre 17th, 2008 at 15:18
@alex Il faudra se tourner vers des PME bancaires… Facile, il ne reste plus que cela…
octobre 24th, 2008 at 12:00
on peut encore vendre Belgacom, Voo et les autoroutes… d’ici 3 ans lorsqu’on ne pourra plus payer les pensions…
octobre 29th, 2008 at 17:54
Miser sur Bruxelles? C’est quoi Bxl? Une ville peuplée d’immigrés, soit non-Européens et mal intégrés, soit Européens et tout aussi mal intégrés. Point commun: aucun de ces deux groupes ne payent d’impôts. Entre les deux, les quelques Belges qui restent se font ponctionner par une classe politique trop nombreuse, en même temps que de payer l’infrastructure dont tous jouissent et les allocations diverses que consomment le 1er groupe d’immigrés.Vous ajoutez à cela un immobilier trop cher et de qualité médiocre. Et l’emploi. Parlons en; La fusion avec BNP va coûter à Fortis jusqu’à 5000 emplois, jusqu’ici assez enviables…Bientôt les seuls gens bien payés à Bruxelles seront les politiciens et les eurocrates, sans parler des touristes fiscaux. N’oublions pas la discrimination qui est faite aux francophones à l’embauche dans la plupart des grandes entreprises.
Je vous le dis, la richesse de nos régions, du moins à l’avantage de la classe moyenne autochtone, vit ces dernières années. Young man, leave Belgium or become unemployed (much less tiring)! Si je le pouvais, je m’enfuirais de ce pays sans intérêt. Si les Belges n’étaient pas des gens passifs et à l’esprit critique peu développé, ils feraient la révolution. Qui sait, peut-être le hold-up Fortis par l’Etat et son attitude stupide en revendant en catastrophe à BNP sera-t-il la goutte de trop.
novembre 4th, 2008 at 15:59
Bonjour,
Désolé de faire une parenthèse mais je ne trouve pas le moyen de vous contacter directement : auriez-vous l’obligeance de me contacter par email au plus vite au sujet d’un débat économique sur le gaz à Paris le 9 décembre prochain ?
Merci,
Nicolas : nteil@glamspeak.com